Un homme âgé d’une quarantaine d’années, apparemment issu de la bonne société, est condamné à mort pour avoir commis un meurtre. Après le procès, il est transféré à Bicêtre, un château médiéval transformé en prison. L’atmosphère horrible qui plane dans cet édifice constamment plongé dans les ténèbres et rongé par l’humidité écrase le moral du détenu.
Pour occuper son temps, ce dernier s’abandonne à l’écriture.
Dans le journal de ses confidences, il parle de la souffrance atroce qui torture son esprit, de la vie carcérale faite d’indifférence et de mauvais traitements, ainsi que des douleurs physiques insoutenables qui paralysent ses membres.
Ses Mémoires insistent également sur la cruauté de la foule « buveuse de sang » qui épie avec avidité l’annonce des exécutions pour se rendre massivement à la Place de Grève, le théâtre macabre des décapitations.
Les mêmes sensations de désespoir et d’abandon accompagnent le condamné partout où il va.
Le calvaire vécu à Bicêtre se poursuit à la Conciergerie et à l’Hôtel de Ville sous les cris de la populace déchaînée et du regard froid du bourreau.
Au milieu de ces scènes déchirantes surgissent les merveilleux souvenirs de l’enfance et de la jeunesse passés en famille ou en compagnie de la belle Espagnole Pepa.
Marie, la fille du condamné, égaie elle aussi ses sombres journées.
Il la serre de toutes ses forces contre son coeur lorsqu’elle lui rend visite dans son cachot.
Mais l’enfant ne reconnaît pas son père et l’appelle tout simplement « monsieur ».
Ce mot lui confisque sa paternité et le transforme en inconnu aux yeux du seul être au monde à qui il tient encore dans sa détresse. Après cette cruelle déception, il considère la mort comme une douce délivrance.
La silhouette sinistre de la guillotine avec ses deux bras rouges et son triangle noir se dresse sans cesse devant ses yeux.
Elle le hante jour et nuit : fait-elle souffrir ou bien donne-t-elle une mort instantanée ? Personne ne peut répondre à cette question.
Il essaie de se consoler par le sermon de l’aumônier, mais le discours du vieux prêtre froid et répétitif ne fait que raviver ses angoisses.
Au moment où on vient le chercher pour l’emmener à l’échafaud, le condamné cède à une crise d’hystérie.
Il réclame sa grâce à gorge déployée et demande instamment qu’on lui laisse encore quelques minutes.
Mais le papier signé de la main du roi n’arrive pas, et le temps fixé pour la décapitation approche implacablement. Quatre heures sonnent. C’est le moment.
Résumé
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septembre 28, 2019
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