I- La liberté perdue
La situation insupportable du condamné dure depuis cinq semaines. Dans sa captivité, il pense tout naturellement à sa vie passée égayée de liberté et de bien-être. Le style qu’il utilise pour évoquer ces moments heureux ( figures de style en particulier) et le vocabulaire se rapportant à la nature et à la lumière traduisent la douloureuse envie de retrouver le paradis perdu à tout jamais :- Mon esprit(..) jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie.
- Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.
La valeur de ces instants ne devient importante que par opposition à l’enfermement du prisonnier. En pensant à son existence avant sa condamnation, le narrateur tente de soulager ses souffrances, mais ce désir d’évasion se heurte à la réalité amère où il se trouve, d’où le contraste obscurité/ lumière qui caractérise ce premier chapitre, mais également d’autres passages du roman. :
- Des batailles gagnées des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de
sombres promenades la nuit sous les marronniers…
II- La perspective de la mort
Physiquement, le condamné est enfermé dans une cellulesordide ; moralement, il est prisonnier de l’idée épouvantable de la décapitation - rendue par une suite de gradations ascendantes - qui se matérialise au fur et à mesure qu’approche la date fatidique de l’exécution. Il est donc doublement torturé :
- Maintenant, je suis captif. Mon corps est aux fers dans un
cahot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée. Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort.
- Quoi que je fasse, elle est toujours là cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés (…) et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux(…) et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.
Cette idée de mort assombrit ses journées déjà enténébrées
par l’ambiance ignoble de la geôle. Elle transforme ses rêves en cauchemars ; elle ne lui accorde aucun répit :
- Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivi par elle (…) il me semble déjà qu’une voix a murmuré à mon oreille : condamné à mort.
Chapitre 1 - Axes de lecture
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septembre 28, 2019
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