La naissance de l'oeuvre

La lutte contre la peine de mort est une idée ancienne.  
Les philosophes des Lumières avaient déjà dénoncé la barbarie du châtiment suprême. 

Après la Révolution française, il avait été décidé de la supprimer, mais l’avènement de la Terreur et la série de d’exécutions qu’elle avait effectuées ruina définitivement cet espoir. 

On assistait au moins à une décapitation par semaine. $Le rendez-vous du peuple avec la guillotine était devenu désormais hebdomadaire et attirait massivement les foules. 

Les condamnés devenaient alors de véritables acteurs : s’ils étaient bons, c’est-à-dire s’ ils montaient sur l’échafaud avec courage, ils étaient applaudis, si au contraire ils se montraient lâches, ils étaient sifflés par le public déçu de s’être déplacé pour voir une scène qui n’en valait pas la peine.

D’après le journal d’Adèle, la fille de Victor Hugo, l’idée d’écrire le Dernier jour d’un condamné germa dans l’esprit de son père quand il assista à l’exécution d’un jeune homme prénommé Martin. 

Le choc qu’il avait éprouvé face à cette scène épouvantable l’interpella vivement. 

D’autres témoignages confirmés par l’écrivain en personne considéraient l’affaire Ulbach comme le principal déclic qui l’avait incité à réagir. 

Le procès raconté en détail dans la Gazette des Tribunaux apprit à l’auteur que le condamné éprouvait la vive envie d’écrire ses mémoires, exactement comme le narrateur du roman. 

Mais la rédaction de l’oeuvre en quelques mois seulement laisse supposer que Victor Hugo mûrissait son projet de longue date.

La naissance de l'oeuvre La naissance de l'oeuvre Reviewed by Admin on septembre 28, 2019 Rating: 5

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